Mesures Dracos au Piquet !

Situation des profs doc à la rentrée 2015

Le Décret d’août 2014 prévoit de nouvelles dispositions de service des profs doc, censées entrer en vigueur dès la rentrée 2015 (pour ma part, mon CE ne m’en a parlé !). Le décret est consultable ici


« Concernant les professeurs documentalistes, le décret n’opère pas de distinction entre les enseignants des différents corps qui peuvent être chargés, avec leur accord, de fonctions de documentation et ceux ayant été recrutés par la voie du Capes de documentation. Ils doivent assurer un service hebdomadaire de 36 heures dans les conditions présentées ci-dessus. Les 30 heures peuvent comprendre, avec leur accord, des heures d’enseignement telles que définies au 1 du B du I de la présente circulaire. Chacune d’elle est alors décomptée pour la valeur de 2 heures. Les intéressés ne peuvent bénéficier d’heures supplémentaires. »



« Les heures d’enseignement correspondent aux heures d’intervention pédagogique devant élèves telles qu’elles résultent de la mise en œuvre des horaires d’enseignement définis pour chaque cycle.
Toutes ces interventions sont prises en compte de manière équivalente dans le décompte des obligations de service, quel que soit l’effectif du groupe d’élèves concerné. Il n’est plus, désormais, opéré de distinction selon la nature des enseignements (littéraire, scientifique ou technique...), leur caractère (enseignement théorique, travaux pratiques ou travaux dirigés...) ou la dénomination du groupe d’élève y assistant (classes, groupes, divisions).


Dans ce cadre sont décomptées pour une heure de service d’enseignement :

  • chaque heure d’accompagnement personnalisé en lycée ou en classe de 6e au collège ;
  • chaque heure de travaux personnels encadrés en lycée. »


Au final, en cette rentrée 2015, il y a tout un tas de différentes interprétations et mise en œuvre.

  1. En fonction des académies, les IPR n’ont pas la même version et font à leur sauce = pression sur les prof doc.
  2. Les CE refusent ce décret car le CDI serait trop « fermé », notre travail se résumant alors uniquement à un service public, substitue de la permanence pour pallier le manque de personnel.
  3. Incompréhension : certain-e-s comprennent le texte comme quoi seuls les heures d’AP et de TPE rentrent dans ce cadre et les autres non, où toutes les heures comptent.
  4. La revue des CE propose une tout autre relecture de ce décret (voir après la réponse de la FADBEN sur cela) – Extrait de ce texte "les heures ne peuvent être décomptées double que si le documentaliste intervient à la place d’un enseignant, et a la responsabilité complète d’un groupe de TPE, de la conception des sujets jusqu’à l’évaluation"
  5. Le fait que seules les heures faites seul-e-s comptent (ainsi, celles en co-animation ne compteraient pas), mais pour les autres disciplines, les collègues ne font pas une heure de plus lorsqu’ils sont en co-animation ! Certains collègues ont alors perdu leurs heures d’AP ou d’Education aux médias afin de pas avoir à appliquer ce décret et être sûr que le CDI serait ouvert 30h.


Finalement, nous allons devenir uniquement des gestionnaires (dans ce cas, pourquoi avoir passé un CAPES avec uniquement des épreuves pédagogiques ?!) et ne pourrons plus exercer notre fonction première d’enseignants.


Effectivement, si ce décret entre en application et que toutes nos heures sont comptées doubles, nous ne serons pas beaucoup présent-e-s.


Par exemple, cette semaine, je suis 8h en séance (et je ne dis pas trop à mon CE que le CDI n’est pas accessible aux autres car il ne comprend pas très bien le fait je travaille quand même !) donc je devrais faire 8h de moins à mon boulot, soit une présence de 22h pour 14h d’ouverture pour la permanence. Je comprends la pression d’ouverture exercée par les CE (que je vis quotidiennement de la part des élèves), mais peut-être que le nœud du problème est que nous ne sommes pas des bibliothécaires ou des annexes de permanence mais il s’agit bien d’un lieu de formation et d’apprentissage – une belle salle de classe quoi ! Certains établissement essaient de pallier la chose en formant des AED (mais alors ce sont les vie sco qui en souffrent) ou en embauchant des contrats de Service civique (et là, il semble que les missions que nous leur attribueront ne sont pas dans le cadre légal)
Nous avons un joli flou artistique, je pense que bon nombre de collègues sont en souffrance, pour ma part, j’ai fait le choix de ne pas monter au créneaux cette année car n’ayant pas d’arguments suffisamment solides, aux vues de toutes ces interprétations.



Réponse de la FADBEN à la revue des CE
« Le syndicat des personnels de direction SNPDEN a proposé une lecture particulière du décret relatif aux obligations de service des professeurs documentalistes dans le numéro 230 de sa revue (disponible sur : http://www.snpden.net/?q=revue_direction&id=230).
Vous soulevez vous-mêmes en page 41, au sujet des IMP, la nécessité de se préserver d’interprétations abusives en ce qui concerne les textes réglementaires. Aussi est-il incompréhensible que vous vous laissiez vous-mêmes prendre à ce travers en formulant une interprétation totalement libre du décret relatif aux obligations de service. Rappelons donc que le professeur documentaliste, ainsi qu’explicitement formulé dans sa circulaire de mission, doit initier et former tous les élèves à la recherche documentaire. Cette mission s’est récemment vue encore renforcée par l’implication souhaitée des professeurs documentalistes dans l’EMI et les apprentissages liés au numérique, telle que formulée dans le Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation paru en juillet 2013. Cette mission s’accompagne logiquement d’une mise en œuvre, pour chaque cycle, dans les établissements, si bien que ces heures sont clairement considérées comme valant deux heures de service. Le fait de ramener ce décret et la circulaire qui suit à une interprétation qui relève de textes de 1979 et 1980 aujourd’hui abrogés, pour pragmatique qu’elle puisse paraître, ne relève pas du droit. Et ce n’est pas parce que cette mesure peut avoir des conséquences sur "les heures d’ouverture du CDI", selon les termes de votre article, que vous pouvez pour autant en refuser l’application au bénéfice des personnels en poste ; cette problématique relève de questions de DRH qui ne peuvent ni être éludées, ni servir de prétexte à un déni des droits acquis par les professeurs documentalistes. D’autre part, l’accueil d’une classe pour une séance pédagogique, en co-animation ou non avec un autre collègue, est bien une heure d’ouverture. Le CDI est un lieu d’apprentissages, avant d’être un lieu prestataire de service ou faisant fonction de salle de permanence, confusion qu’aucun chef d’établissement ne saurait tolérer.


La conclusion de votre billet, enfin, nous interpelle, faute de témoignages significatifs au sujet de ce problème de présence et d’assurance du service. Nous vous saurions gré, sur ce point, de bien vouloir nous faire part de ce qui semble être une difficulté, si ce n’est systématique, du moins manifestement installée pour que vous l’exprimiez ainsi sans réserve. »

jeudi 24 septembre 2015, par administrateur du jeudi


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